
Un week-end à Ault
Après que chacun ai imaginé, préparé, attendu, et enfin vécu ses congés payés ou sans soldes, les couples avec ou sans enfants, mais aussi les retraités avec leurs petits enfants, c’est désormais le retour à la réalité quotidienne, la rentrée, avec ses petits et grands tracas…
La pluie étant enfin de retour, bientôt les premières feuilles tomberont des arbres auxquelles elles se sont agrippées pendant la canicule, la nature arborera sa couleur rouille, puis les frimas s’installeront progressivement.
Sauf bien sûr pour les artistes peintres, les photographes, ou encore certains romantiques, qui s’en inspiront, pour la majorité d’entre nous, toutes les conditions seront réunies, non seulement pour une baisse des températures, mais aussi de moral ou pire encore, la fameuse déprime automnale.
Alors aujourd’hui, chacun s’accroche à ses propres souvenirs de vacances estivales.
Faisant le tri pour ne garder en mémoire, que les meilleurs moments auxquels ils repenseront chaque fois que cela sera nécessaire, pour redresser la barre et reprendre le bon cap.
Celui de l’espoir, » Hope in english »…
En profiter pleinement au présent, mais aussi faire appel à sa mémoire ad vitam aeternam, pour adoucir les aléas du quotidien, d’autant plus que, comme le dit si bien Florent Pagny, c’est une des rares activités qui ne pourra jamais être assujettie à l’impôt, car impalpable, alors pourquoi s’en priver ?
Mais peut-être commencez-vous à vous demander quel est le rapport avec Chantal Lallemand, Claude Parizot, Street Yazz, le charmant petit bourg de Ault, ses quelques 1300 habitants, son casino transformé en lieu de culture, son maire Marcel Le Moigne avec son conseil municipal, sans lesquels rien ne serait possible, et son lot de touristes internationaux avertis ou amateurs.
Et bien nous y voilà…
Partout où ils exposent, ces trois artistes nous émerveillent, interpellent notre imaginaire, titillent notre sensibilité, provoquent notre réflexion, mais bien plus encore….
Chacun, avec son talent respectif, nous invite à découvrir l’art sous des formes multiples, avec les œuvres de Chantal, de Claude et de Street.
Une collection impressionnante de tableaux et de sculptures tous aussi magnifiques que différents, attrayants et interpellants, mais pas seulement.
L’histoire contemporaine, avec son immense fresque de 27 mètres qui retrace chaque événement important depuis Charles De Gaules jusqu’à nos jours.
Histoire parfois violente, parfois symbole de paix, mais souvent répétitive, avec au fil du temps un retour récurrent au point de départ.
Mais bien plus encore, en contre partie de la réalité qui bouscule notre monde, une collection de maquettes scénographiques et de sculptures, extraordinaires de réalisme et de beauté, racontant cette fois une autre histoire, plus douce, mêlée de poésie, de rêve, de philosophie, interpellant l’imaginaire de chacun.
A ce moment de la visite, on pourrait penser qu’on en a fini, qu’on a tout vu et tout ressenti…
Que nenni,
Comme à chaque nouvelle exposition, nos artistes nous surprennent, nous émerveillent, interrogent notre curiosité, créent de l’émotion, non seulement avec leurs art, mais aussi avec tout ce qui est possible de l’agrémenter encore plus.
Ajoutez à cela la disponibilité permanente de chacun des artistes, toujours près à vous éclairer sur le message qu’ils veulent transmettre, avec grande simplicité, humilité, sérénité, et l’art, un de plus, de recevoir le quidam amateur ou averti, avec le même respect, la même patience, le même altruisme.
Cette année à Ault, grâce à leur talent respectif et leur écoute active dans ce lieu magique, l’ancien casino avec sa vue surplombant la mer, ils ont réussi le pari, de mêler exposition artistique, Haultois et touristes, avec convivialité et fête champêtre.
En fait, au fil de l’exposition, chaque visiteur se découvre lui-même des états d’âme, des intérêts et des interrogations grâce à la création et la subtilité de l’art, qu’il ne soupçonnait même pas détenir avant d’entamer la visite.
D’ailleurs, pour avoir séjourné quelques jours et visité l’exposition plusieurs fois pendant ce week-end prolongé du 15 août, toujours avec le même plaisir, découvrant chaque fois quelque chose de nouveau, un détail, un rayon de soleil orienté autrement donnant une autre vision d’une œuvre…
Pour conclure, je me suis permis le luxe d’arrêter le temps quelques instants et m’asseoir sur un petit banc face à l’entrée du casino pour observer l’entrée des visiteurs, mais surtout la sortie.
Que de visages épanouis, souriants, parfois interloqués, décontenancés, mais la plupart étaient à la fois bouleversés et émerveillés.
Exposition parfaitement réussie.
Aujourd’hui, à l’aube de la période hivernale, il nous reste donc tous ces merveilleux souvenirs et l’espoir d’autres expositions toutes aussi bouleversantes de part leur beauté, et le climat instauré depuis toutes ces années par ces artistes.
Ne dit-on pas que l’espoir fait vivre ?
« Hope in english », nous y revoilà…
Un autre vaste sujet imaginé par nos artistes, mais là non plus je ne vous en dirai pas plus.
Mon unique but étant de susciter l’envie à chacun de venir aux prochaines expositions, non pas pour faire le buzz, mais en partageant humblement mon impression.
Alors pour les absents de cette année, n’ayez aucun regret, car à chaque exposition, ils nous surprennent avec des nouveautés issues de leur imaginaire, concrétisées par leur dextérité manuelle.
Merci et bravo à Chantal Lallemand, Claude Parizot, Street Yazz.
Evreux, le 28 Août 2026.
Pascal TANGUY
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